Les plus grosses cyber-arnaques #1 : le tourne-au-dessus des SS2I

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C’est avec une émotion certaine qu’Infauxsec News lance aujourd’hui une toute nouvelle déclinaison d’articles, tirés directement et sans altérations majeures des dossiers secrets légués au public par Julian CULANGE la semaine dernière.

Cette série d’articles traitera des plus grosses cyber-arnaques de l’histoire, un sujet entièrement inédit et n’ayant jamais été abordé dans les médias traditionnels; un fait peu étonnant, dans la mesure ou ces derniers sont souvent complices des machinations mises en œuvre par les malfrats qui les imaginent. Cette chronique est le fruit d’intenses recherches, au cours desquelles Infauxsec News a désossé les entrailles du Mariana Web et interviewé des centaines de victimes, dans le but d’informer le public des drames qui se déroulent à l’instant même derrière nos écrans.

Notre premier dossier présente une affaire très récente et ayant impliqué les plus grands marchands de viande humaine du XXIè siècle, c’est-à-dire les SS2I (ou ESN, selon leur tentative de dédiabolisation).


Il est 13h30 lorsque Jean-Baptiste arrive à son bureau ce vendredi-là. Il est rarement aussi matinal, mais il a des raisons de l’être aujourd’hui : c’est son dernier jour chez GémCapricorn, la SS2I qui l’emploie, avant d’entamer ses vacances pré-chômage, et il a rendez-vous avec le directeur des ressources humaines.

Ils règlent ensemble les derniers détails de son départ, et tout semble se passer pour le mieux. Au moment de signer les derniers papiers, le représentant de l’entreprise propose à Jean-Baptiste un moyen écologique et cryptographiquement sûr d’acter la rupture conventionnelle : l’adjoindre à une transaction Bitcoin qui servira par la même occasion à verser à Jean-Baptiste les dernières sommes qui lui sont dues. Enchanté par le déroulement de l’entretien jusqu’à ce moment-là, Jean-Baptiste accepte sans trop réfléchir, donne l’adresse de son portefeuille Bitcoin favori, et la rupture est actée.

Alors que Jean-Baptiste s’apprête à quitter la salle de réunion, il trébuche sur un câble malencontreusement placé à hauteur de sa cheville, et active ainsi les écrans de visioconférence de la salle. Il n’en croit pas ses yeux : à perte de vue sur chacun des écrans, on peut voir des fermes de minage Bitcoin frappées du logo de GémCapricorn. Jean-Baptiste comprend ce qu’il se passe. Le DRH se lève et, l’air affable, lance un « Vous ne vous êtes pas fait mal Jean-Bapt… » que Jean-Baptiste ne le laisse pas terminer. D’un coup sec à la carotide, il paralyse son assaillant et s’enfuit vers le métro en sautant par la fenêtre du rez-de-chaussée.

Jean-Baptiste, craignant pour ses jours suite à cette découverte, écrit à Jean-Julian CULANGE qui constitue un dossier, plus riche de jour en jour, sur l’immonde complot ourdi par la SS2I de malheur. Hélas, Jean-Julian désespère de réussir à convaincre le public avec le témoignage unique de Jean-Baptiste. Il découvre toutefois bien vite que l’affaire JB ne représente pas un cas isolé. Sur les forums du Mariana Web, les langues se délient : 95% des anciens employés de GémCapricorn qui ont quitté l’entreprise dans des circonstances similaires se sont retrouvés dans la même situation que Jean-Baptiste. Avec une différence de taille toutefois : aucun d’entre eux n’est au courant que GémCapricorn possède des fermes de minage.

Jean-Julian hésite. Il ne publie pas, par peur de ne pas réussir à convaincre son lectorat de la dangerosité desdites fermes. Elles sont pourtant, en l’associant au tourne-au-dessus1 énorme et jusqu’alors incompréhensible des SS2I, la preuve d’un complot fomenté en plus haut lieu.

Le plan machiavélique semble aujourd’hui limpide : sous couvert d’écologie et de simplification des processus, GémCapricorn crée une preuve de rupture de contrat sur la bloc-chaîne pour chacun des employés qui la quittent. Insidieusement, l’entreprise augmente ses capacités de minage jusqu’à contrôler 51% du réseau. À ce moment-là, c’est l’hécatombe : l’entreprise utilise ses 51% pour réécrir la bloc-chaîne à sa convenance et efface toutes les preuves de rupture de contrat de ses anciens employés, qui se retrouvent donc en situation d’abandon de poste. L’entreprise n’a plus qu’à les attaquer aux prudhommes pour obtenir dommages et intérêts.

Nous estimons que l’entreprise pourrait gagner plusieurs centaines de milliers d’euros grâce à cette méthode simple. La réforme de la loi travail et les facilités qu’elle apporte pour licencier un salarié vont permettre d’accroître le tourne-au-dessus des SS2I encore plus, leur permettant d’accroître le bénéfice de la manipulation. De même, la chute de la valeur des cryptomonnaies depuis fin 2018 n’aurait pour but que de diminuer la puissance de calcul nécessaire à la prise de contrôle de la bloc-chaîne en éliminant un grand nombre de mineurs rivaux ne s’intéressant qu’à la valeur de ladite monnaie.

Nous pensons qu’il est possible que l’Internet tout entier n’ait été conçu que pour la mise en place de cette arnaque, mais cela reste de la spéculation dont nous n’avons pas la preuve pour le moment.

Il est de notre devoir de citoyens français de signer aujourd’hui une pétition pour interdire les SS2I, engrenages diaboliques de la cyber-exploitation d’un peuple.

Cette sombre histoire aura d’ores et déjà coûté plusieurs centimes au contribuable.

  1. traduction officielle de l’ANSSI de l’anglais « turnover »